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Besancenot et Lowy


  • Besancenot + Löwy : Affinités révolutionnaires

    L’histoire du mouvement ouvrier raconte en détail les désaccords, les conflits et les affrontements entre marxistes et anarchistes, jamais les véritables alliances et solidarités agissantes entre ces deux mouvements.
    Olivier Besancenot et Michael Löwy ont choisi d’éclairer ce versant ignoré, souvent délibérément, qui révèle la fraternité de leurs combats depuis la Commune de Paris jusqu’à nos jours, souvent au cœur de sanglants affrontements. De Louise Michel au sous-commandant Marcos, en passant par Walter Benjamin, André Breton et Daniel Guérin.

    Un livre militant et sensible, porté par l’espoir que l’avenir sera rouge et noir.

    Ancien candidat à l'élection présidentielle, Olivier Besancenot est membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).
    Directeur de recherches émérite au CNRS, Michael Löwy a travaillé sur l'histoire du marxisme en Amérique latine et sur l’écosocialisme. édition : août 2014, réédition juin 2019

    5,00 €
  • Besancenot / Lowy : Che Guevara, une braise qui brule encore

    " Ernesto "Che" Guevara n'était ni un saint, ni un surhomme, ni un chef infaillible : il était un homme comme les autres, avec ses forces et ses faiblesses, ses lucidités et ses aveuglements, ses erreurs et ses maladresses. Mais il avait cette qualité rare chez les acteurs de la scène politique : la cohérence entre les paroles et les actes. De ce point de vue, il était exceptionnel, et cette singularité est pour beaucoup dans l'attraction qu'il exerce aujourd'hui encore à travers le monde. Médecin argentin devenu ministre de l'Industrie à Cuba, il est mort en combattant la dictature militaire en Bolivie le 9 octobre 1967. Il existe déjà un bon nombre de biographies consacrées au Che. Nous, nous avons fait le choix de nous intéresser aux idées, aux valeurs, aux analyses, aux propositions, aux rêves de l'homme. Certes, il était un combattant qui maniait avec autant d'aisance la plume que le fusil. Mais pour quelle cause se battait-il ? Quelle image avait-il de la société enfin émancipée du cauchemar capitaliste ? Voilà les questions qui nous occupent dans ce livre, sans avoir la prétention de livrer la réponse. " Olivier Besancenot est porte-parole de la LCR. Il est l'auteur de Tout est à nous (Denoël, 2002) et de Révolution ! 100 mots pour changer le monde (Flammarion, 2003). Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS, a travaillé sur l'histoire du marxisme en Amérique latine et sur la théologie de la libération. En 1970, chez Maspero, il avait publié La Pensée de Che Guevara, traduit dans une dizaine de langues. Parmi ses derniers ouvrages : Walter Benjamin, avertissement d'incendie (PUF, 2001). 250 PAGES éditions : septembre 2007

    19,00 €
  • Besancenot et Löwy : Marx à Paris 1871, le cahier bleu de Jenny

    Olivier Besancenot
    Hebdo L’Anticapitaliste - 560 (18/03/2021)
    À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris, nos camarades Olivier Besancenot et Michael Löwy publient, au Merle moqueur, «Marx à Paris, 1871: le cahier bleu de Jenny». Nous nous sommes entretenus à cette occasion avec Olivier Besancenot.

    Pour ce livre, vous avez choisi un «format» assez original, puisqu’il s’agit d’une fiction politique narrant une visite de Marx à Paris pendant la Commune. Pourquoi ce choix?

    Cela fait suite à une discussion avec Michael, et je crois que c’est Michael qui a eu l’idée en premier, avec l’objectif de faire quelque chose d’un peu décalé par rapport à ce qui s’est déjà fait et qui va se refaire à l’occasion du 150e anniversaire de la Commune. En gros il s’agissait de trouver quelque chose de parlant, d’original, pour mettre en scène la réflexion de Marx sur la Commune de Paris. Nous avons donc imaginé ce voyage clandestin, improbable, de Marx, emmené par sa fille Jenny, au sein de la Commune elle-même, avec des rencontres avec quelques-unes de ses personnalités, pour mettre en situation la réflexion politique de Marx sur la Commune. C’est en fait remarquable de constater à quel point cette réflexion s’est faite à chaud. Une réflexion pertinente à chaud (l’Appel à l’Internationale, la Guerre civile en France), mais aussi un questionnement politique, stratégique, global. C’est une des grandes forces de Marx : être capable de comprendre que du jaillissement des événements eux-mêmes peut naître un processus d’émancipation qu’on n’a pas forcément imaginé sur le papier, dans des clubs de réflexion, ou même dans les bureaux de l’Internationale. Les écrits de Marx sur cette fameuse force d’émancipation enfin trouvée quand il parle de la Commune sont extrêmement avancés par rapport à toute une série de secteurs du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire, avec même des intonations parfois plus libertaires que celles de certains libertaires. Une réflexion sur l’émancipation, sur la confrontation à l’appareil d’État, sur la nécessité de construire des formes de souveraineté politique, démocratique…

    Justement, pour le dire de manière très synthétique : ça a changé quoi pour Marx, la Commune ?

    Je dirais que c’est l’idée qu’il ne suffit pas que l’appareil d’État change de mains, d’un point de vue des classes sociales, pour changer la nature de l’État, en ce qu’il est un système oppressant, un «boa constrictor», pour reprendre la formule de Marx, qui étouffe la société civile et la démocratie. Et donc qu’il faut l’éteindre, aller vers l’extinction de l’État, et que l’une des pistes possibles pour cette extinction, c’est la politique en actes de la Commune : révocabilité des élus, plafonnement de la rémunération des élus et des magistrats, etc. Toutes ces politiques concrètes remettant en cause le cœur de la bureaucratie qu’est l’appareil d’État. Et avec la Commune il y a une amorce d’extinction, qui n’a pas pu voir le jour du fait de la durée de la Commune, mais une amorce tout de même, et ça Marx l’a tout de suite compris, l’a tout de suite analysé. Et cela aura des répercussions sur les réflexions de Marx, sur les débats et la culture du mouvement ouvrier de manière générale.

    Marx suit tous les débats, ce qui se passe dans le monde, les situations sociales et politiques, et alors qu’il n’imaginait pas que l’insurrection viendrait de Paris, il va se plonger dans l’analyse de la Commune, immédiatement, alors qu’il est un peu pris de court et plongé alors dans une réflexion sur l’analyse du système capitaliste et de ses crises. Et ce qui est fort c’est de produire des analyses à la lumière de l’événement, de saisir la portée de l’événement.

    Pour mettre en scène tout cela, vous imaginez donc des rencontres entre Marx et certaines personnalités de la Commune, à Paris, pendant l’insurrection. À la lecture on remarque une présence significative des femmes: Louise Michel, Élisabeth Dmitrieff, Nathalie Lemel, mais aussi bien sûr Jenny Marx qui accompagne son père. C’est une volonté de votre part de souligner particulièrement le rôle des femmes dans le soulèvement parisien?

    Ça n’a pas été forcément théorisé et construit mais on s’est rendu compte, au fur et à mesure des personnages concrets auxquels on pensait, que les femmes ont joué un rôle central dans l’histoire sociale et politique de la Commune. C’est le cas dès le début du soulèvement, avec la protection des canons contre leur reprise potentielle par les Versaillais dans les rues de Montmartre, à l’appel du comité de vigilance des citoyennes de Montmartre, autour de Louise Michel notamment. Mais c’est aussi le rôle et la place prises par les femmes, contre l’air du temps de l’époque, parce que le machisme avait toute sa place, même au sein de l’Internationale, dans les différents clubs révolutionnaires.
    Un événement révolutionnaire tel que la Commune, mais cela vaut pour tous les événements révolutionnaires, est le jaillissement de phénomènes qui couvent dans la société depuis des mois et des mois, voire plus, ce qui était le cas à Paris avec notamment une multitude de clubs révolutionnaires dans lesquels les femmes se sont de plus en plus impliquées. On peut aussi penser au siège de Paris par les Prussiens, durant lequel Nathalie Lemel a été, avec la coopérative «La ménagère» et le restaurant «La Marmite» au centre de la solidarité et de l’entraide populaires, pour venir en aide à quasiment 10 000 Parisiens qui crevaient de faim. Donc l’Union des femmes, qui va se constituer dans l’œil du cyclone de la Commune, est le produit de tout ce travail antérieur, et quand Élisabeth Dmitrieff [représentante de l’Internationale] arrive et participe à la fondation de l’Union des femmes, une grande partie de l’activité est déjà en cours, enracinée.

    À propos d’Élisabeth Dmitrieff justement… C’est vrai que quand on pense aux «femmes de la Commune», c’est la figure de Louise Michel qui vient le plus souvent, en "oubliant» parfois, souvent même, Élisabeth Dmitrieff. Ce qui n’est pas le cas dans votre livre, où elle occupe une place importante, à la mesure de son rôle durant la Commune.

    Propos recueillis par Julien Salingue

    édition : FIN MARS 2021

    15,00 €