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Lordon, Frédéric


  • Lordon : Capitalisme, désir et servitude

    Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises?C'est le problème de ce que l'on appellera en toute généralité le patronat? Conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y coulé. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voila maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient selon son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail, il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Complèter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénations, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement. 215 pages édition : septembre 2010

    12,20 €
  • Lordon : D'un retournement l'autre

    Le rideau s´ouvre : Messieurs les Banquiers, son Altesse le président de la République française, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : lessivés par la crise des désormais célèbres « subpraïmes » ( sic ), les Banquiers s´apprêtent à sonner à la porte de l´État pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie... avant que le résultat de leurs acrobaties ne fasse exploser les dettes publiques et conduise à la rigueur pour tous - pour tous les autres qu´eux. C´est une forme particulière, et inattendue, celle de l´alexandrin, qui est ici convoquée pour mettre en scène la crise de la finance mondiale. Peut-être en effet fallait-il l´ambivalence d´un vers qui convient à la tragédie aussi qu´à la comédie pour saisir et la déconfiture d´un système aux abois et l´acharnement bouffon de ses représentants à le maintenir envers et contre tout. Mais ce que ces « élites » aveuglées par leur domination, et déjà disqualifiées par l´Histoire, ne voient plus c´est qu´un retournement peut en cacher un autre. Et celui des marchés annoncer celui du peuple.............................. Le texte de la pièce est suivi d´un post-scriptum : « Surréalisation de la crise ». .................................. 136 pages édition : mai 2011

    7,50 €
  • Lordon : Figures du communisme

    Le capitalisme détruit les existences. Il les détruit même deux fois. D’abord d’angoisse et de précarité en remettant la survie matérielle des individus aux mains de deux maîtres fous : le « marché » et l’« emploi ». Ensuite en rendant la planète inhabitable : surchauffée, asphyxiante, et désormais pandémique. Il faut regarder ces faits bien en face et s’astreindre maintenant à un exercice de conséquence.
    1/ Le capitalisme met en péril l’espèce humaine.
    2/ En 40 ans de néolibéralisme, l’espace social-démocrate où se négociaient des « aménagements » dans le capitalisme a été fermé : ne reste plus que l’alternative de l’aggravation ou du renversement.
    3/ Il ne faut pas douter que la minorité qui en tire avantage soit prête à tout pour se maintenir.
    4/ Sortir du capitalisme a un nom : communisme.
    Mais sortir du capitalisme demeure un impensable tant que le communisme demeure un infigurable. Car le communisme ne peut pas être désirable seulement de ce que le capitalisme devient odieux. Il doit l’être pour lui-même. Or, pour l’être, il doit se donner à voir, à imaginer : bref se donner des figures.
    La fatalité historique du communisme est de n’avoir jamais eu lieu et pourtant d’avoir été grevé d’images désastreuses. À la place desquelles il faut mettre enfin des images de ce qu’il pourrait être lui, réellement.

    édition : mars 2021

    13,00 €
  • Lordon : Imperium

    Que faire des idéaux que sont l’internationalisme, le dépérissement de l’Etat et l’horizontalité radicale ? Les penser. Non pas sur le mode de la psalmodie mais selon leurs conditions de possibilité. Ou d’impossibilité ? C’est plutôt la thèse que ce livre défend, mais sous une modalité décisive : voir l’impossible sans désarmer de désirer l’impossible. C’est-à-dire, non pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais faire obstinément du chemin. En sachant qu’on n’en verra pas le bout.

    Les hommes s’assemblent sous l’effet de forces passionnelles collectives dont Spinoza donne le principe le plus général : l’imperium – « ce droit que définit la puissance de la multitude ». Cet ouvrage entreprend de déplier méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé. Pour établir que la servitude passionnelle, qui est notre condition, nous voue à la fragmentation du monde en ensembles finis distincts, à la verticalité d’où ils tirent le principe de leur consistance, et à la capture du pouvoir. Il ne s’en suit nullement que l’émancipation ait à s’effacer de notre paysage mental – au contraire ! Mais elle doit y retrouver son juste statut : celui d’une idée régulatrice, dont l’horizon est le communisme de la raison.

    édition : janvier 2016

    15,00 €
  • Lordon : Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières

    Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières Frédéric Lordon AVANT-PROPOS Le manuscrit de cet ouvrage a été arrêté fin août 2008. Ses épreuves sont relues le 22 septembre. Entre temps survient une « décade prodigieuse » – du 10 au 20 septembre 2008 – qui a de quoi changer la face du monde néolibéral. Dépassé avant même parution ? Ce serait le cas si ce livre avait eu la visée d’une chronique de crise. Pour le coup, il en aurait loupé un gros bout ! Et, même repris à la hâte, se serait condamné à la fatalité de l’obsolescence – ou bien au chantier d’une écriture sans fin, car, en cet automne 2008, la décomposition financière prend un cours torrentiel qui rend parfaitement caduc le commentaire en temps réel dans l’instant où il est produit. Mais la perspective de ce livre n’est pas celle-là. Les événements auxquels il est fait référence n’y sont pas mobilisés au titre de la consignation des faits mais comme support d’une analyse – au demeurant, le livre serait très incomplet même si l’horloge s’était arrêtée fin août 2008, et c’est à dessein qu’il a laissé de côté bon nombre d’événements croustillants qu’un historien de la période ne manquera pas d’enregistrer. Aussi, que la « facture » du sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac soit montée à 200 milliards de dollars alors qu’elle n’était « que » de 25 milliards au moment où le livre était achevé, qu’il faille rajouter Lehman Brothers, Merrill Lynch et AIG à la liste, décidément interminable, des faillis ou des grands brûlés, qu’il n’y ait plus de banques d’affaire aux Etats-Unis (!), qu’une structure de cantonnement géante destinée à purger d’un coup le système financier constitue une délicieuse irruption de socialisme seule à même de sauver le capitalisme étasunien du désastre, tout cela, qui est considérable en soi, et même inouï, n’altère pas, au contraire, la thèse que la première année de crise suffisait largement à étayer : l’analyse des nuisances intrinsèques de la finance libéralisée appelle son impérative mise au pas, c’est-à-dire une réaction politique de première grandeur. En définitive le cours stupéfiant pris par la crise depuis le 12 septembre 2008 ne change fondamentalement qu’une chose – mais importante : il a littéralement pulvérisé toutes les stratégies « du fil de l’eau » qui pensaient s’en tirer avec quelques bonnes paroles – le cas échéant on irait jusqu’aux martiales déclarations –, un ersatz de « régulation » à base de transparence et de vertu, et les effets de l’oubli pour, une fois le choc amorti, laisser les affaires reprendre gentiment leur cours sans avoir rien changé de significatif. Cette disposition d’esprit qui prévalait encore à la fin de l’été 2008 a été anéantie. Nul ne peut plus feindre d’ignorer que ce sont les structures mêmes des marchés de capitaux libéralisés qui sont en question, et que les laisser à l’identique vaut ipso facto renouvellement de l’abonnement « crise et krach ». Arraisonner la finance n’est plus une option. Paris, 22 septembre 2008 220 pages édition : octobre 2008

    8,00 €
  • Lordon : La malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique

    On ne partagera évidemment pas, au NPA, les positions de Lordon, notamment " reconstruire les concepts de souveraineté et de nation d’une manière qui les rendent irrécupérables par l’extrême-droite".
    Nous sommes internationalistes et la sortie se fera par le haut, pas par le bas : au niveau d'une coordination des luttes des peuples européens vers une Europe socialiste, bien sur...Néanmoins son livre vaut le détour.

    En voici le résumé :
    L’européisme est devenu le pire ennemi de l’Europe. Ne voulant plus que « l’Europe » intransitivement, c’est-à-dire sans le moindre égard pour ses contenus concrets, prêt s’il le faut à martyriser des peuples entiers, en Grèce, au Portugal ou en Espagne, il est devenu une obstination aveugle auquel il est temps de mettre un coup d’arrêt. Au-delà de ses pires désastres économiques, sa tare majeure, et congénitale, est politique : le déni absolu de toute expression des souverainetés populaires.
    Certains, à gauche, continuent cependant de croire qu’on pourra changer l’euro austéritaire en un euro social. Mais, la crise présente l’a assez démontré, une monnaie unique aimable suppose d’être parachevée par une union politique authentique… que l’européisme présuppose sur le mode de la pure pétition de principe sans jamais vouloir en analyser les exigeantes (et improbables) conditions de possibilité.
    Aussi bien l’urgence économique et sociale que la disponibilité immédiate des institutions matérielles et symboliques de la souveraineté commandent alors de réexaminer de près l’option des monnaies nationales. Sous deux codicilles cependant : 1) reconstruire les concepts de souveraineté et de nation d’une manière qui les rendent irrécupérables par l’extrême-droite ;
    2) réaffirmer que défaire la monnaie européenne, de toute façon aussi mortifère que non-viable, n’exclut nullement de continuer à œuvrer pour l’approfondissement résolu de tous les autres liens entre les peuples européens –
    et enfin de faire Europe autrement que par l’économie ! –, ni même de penser à refaire un commun monétaire européen, sous la forme non plus d’une monnaie unique mais d’une monnaie commune.
    édition : mars 2014

    8,50 €
  • Lordon : Les affects de la politique

    Que la politique soit en proie aux "passions", tout le monde l'accordera. Autrement malaisé serait de faire entendre que les affects constituent son étoffe même. La politique n'est-elle pas aussi affaire d'idées et d'arguments, et les "passions" ne sont-elles pas finalement que distorsion de cet idéal d'une politique discursive rationnelle ? Le point de vue spinoziste bouscule la fausse évidence d'une antinomie entre les "idées" et les affects. On émet bien des idées pour faire quelque chose à quelqu'un - pour l'affecter.
    Et, réciproquement, les idées, spécialement les idées politiques, ne nous font quelque chose que si elles sont accompagnées d'affects. Faute de quoi, elles nous laissent indifférents. En "temps ordinaires" comme dans les moments de soulèvement, la politique, idées comprises, est alors un grand jeu d'affects collectifs.

    édition : février 2018

    7,80 €