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D''Holbach


  • D'Holbach : Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans

    De tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l'esprit humain. L'homme de Cour est sans contredit la production la plus curieuse que montre l'espèce humaine. C'est un animal amphibie dans lequel tous les contrastes se trouvent communément rassemblés. Il faut qu'un animal si étrange est difficile à définir : loin d'être connu des autres, il peut à peine se connaître lui-même ; cependant, il paraît que tout bien considéré, on peut le ranger dans la classe des hommes avec cette différence néanmoins que les hommes ordinaires n'ont qu'une âme, au lieu que l'homme de Cour paraît sensiblement en avoir plusieurs. En effet, un courtisan est tantôt insolent et tantôt bas ; tantôt de l'avarice la plus sordide et de l'avidité la plus insatiable, tantôt de la plus extrême prodigalité, tantôt de l'audace la plus décidée, tantôt de la plus honteuse lâcheté, tantôt de l'arrogance la plus impertinente et tantôt de la politesse la plus étudiée. Quoi qu'il en soit, c'est pour ces animaux si rares que les Nations paraissent faites. D'Holbach Facétie philosophique tirée des manuscrits du baron d'Holbach (Edesheim, 1723-Paris, 1789). 30 pages édition : mars 2010

    4,10 €