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Dardot et Laval


  • Dardot et Laval : Dominer, Enquête sur la souveraineté de l'État en Occident

    Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l’État-nation, qui semble devoir être aujourd’hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l’État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C’est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot et Christian Laval ont entamé ce long parcours dans l’histoire complexe et singulière de l’État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l’Église médiévale jusqu’à son rôle actuel d’État-stratège dans la concurrence mondiale. Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c’est mettre à nu les ressorts d’une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l’ordre de la croyance : les « mystères de l’État », le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s’entourer dans l’exercice de leurs fonctions, autant d’éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance.
    En retraçant cette généalogie, il s’agit pour les auteurs de montrer que l’on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l’invocation de la souveraineté « nationale » est devenue l’alibi de l’inaction climatique et de la perpétration des écocides.

    Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s’attaquer àun tel régime d’irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C’est dire qu’il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.

    édirion septembre 2020

    26,00 €
  • Dardot et Laval : Marx, prénom Karl

    ARTICLE TIRE DE LA REVUE "ALTERNATIVES ECONOMIQUES" :
    Près de 800 pages densément remplies et écrites sans complaisance de style, de quoi occuper deux bons mois d'un lecteur pourtant bien frotté de marxisme. Mais nos deux auteurs sont réputés sérieux et capables de surprendre. Plutôt que de remettre à plus tard, il fallait donc s'y lancer.
    Le premier chapitre (76 pages) nous présente un Marx bien différent du génie statufié qui aurait inauguré une nouvelle ère de la pensée. Il va chercher ses idées et ses concepts chez les socialistes utopiques, Saint-Simon en particulier, voire chez Victor Considérant, disciple et vulgarisateur de Charles Fourier. Le concept de " plus-value " (les auteurs, ils s'en expliquent, préférant utiliser le terme anglais surplus value) ? Tiré de William Thompson, un proche de Richard Owen. Marx, au fond, a fait son miel comme tout le monde, de la production des autres.
    Même surprise avec le troisième chapitre : le concept de lutte des classes est bien antérieur à Marx (on y retrouve l'influence de Saint-Simon, mais aussi celle d'un proche de François Guizot, Augustin Thierry). Et si Marx en fait le moteur de l'histoire, il ne prétend pas qu'elle débouche un jour sur une société pacifiée. De ces deux chapitres savants et argumentés, il ressort à l'évidence que Karl et le marxisme font deux, que le premier fut plus humain et en proie à plus d'influences et de doutes que le second. Cela me suffit à estimer que ce livre d'histoire de la pensée de Marx et non d'historiographie marxiste, est important et salubre, dussent les adorateurs s'en offusquer.
    830 pages

    édition : février 2012

    34,90 €
  • Dardot Laval : L'ombre d'Octobre

    Ce qui s'est affublé du nom de communisme depuis 1917 est une catastrophe historique qui continue à produire ses effets les plus sombres sur l'humanité en la privant d'alternative. Si l'avenir est confisqué par le néolibéralisme, c'est en grande partie dû à la figure odieuse de la forme hyper-étatique du communisme au XXe siècle qui hypothèque toute sortie émancipatrice du capitalisme. Or l'idéal communiste de l'auto-émancipation n'était pas vain.
    Pour le raviver, il faut se défaire de toute illusion rétrospective, étudier les pratiques des bolcheviks et comprendre comment le communisme en est arrivé à ce retournement étatiste. On sera dès lors à même de trouver les nouvelles pratiques et théories qui permettent d'envisager une ouverture des futurs.

    édition : 11/2017

    16,00 €
  • Dardot Laval : La nouvelle raison du monde

    Il est devenu banal de dénoncer l’absurdité d’un marché omniscient, omnipotent et autorégulateur. Cet ouvrage montre cependant que ce chaos procède d’une rationalité dont l’action est souterraine, diffuse et globale. Cette rationalité, qui est la raison du capitalisme contemporain, est le néolibéralisme lui-même. Explorant sa genèse doctri-nale et les circonstances politiques et économiques de son déploiement, les auteurs lèvent de nombreux malentendus : le néolibéralisme n’est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d’un capitalisme « pur ». Commettre ce contresens, c’est ne pas comprendre ce qu’il y a précisément de nouveau dans le néolibéralisme : loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État, il se fixe pour objectif de construire le marché et de faire de l’entreprise le modèle du gouvernement des sujets. Par des voies multiples, le néolibéralisme s’est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse in-tacte aucune sphère de l’existence humaine. Cette logique érode jusqu’à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d’assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l’intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d’ouvrir un autre avenir. Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°325 Parution : août 2010 Prix : 13 € ISBN : 9782707165022 Dimensions : 125 * 190 mm Façonnage : Broché Nb de pages : 504 Pierre Dardot, philosophe et enseignant, poursuit des recherches sur Marx et Hegel. Sauver Marx ? Christian Laval est sociologue et a publié L’Homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard, « NRF essais », 2007). Tous deux sont les auteurs, avec El Mouhoub Mouhoud, de Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (La Découverte, 2007). Depuis 2004, ils animent le groupe d’études et de recherche « Question Marx » qui entend contribuer au renouvellement de la pensée critique. L'école n'est pas une entreprise L'ambition sociologique Sauver Marx ? Remerciements Introduction : Le néolibéralisme comme rationalité Une idéologie du « laisser-faire » ? - Le piège de l’idéologie et le fétichisme de l’État La nature de la gouvernementalité - Problématiser la nouveauté du néolibéralisme I / Des limites du gouvernement 1. Mécanique sociale et rationalité des intérêts La science de l’économie politique - Le sujet de l’intérêt - Les tensions entre l’intérêt et la morale - Le système des intérêts - Le gouvernement limité par la « marche des choses » - Le gouvernement par la connaissance des lois de la nature 2. Progrès de l’histoire et uniformité de la nature humaine Ce que veut dire « société civile » Société civile et histoire - La corruption du lien social - Les deux désirs chez Adam Smith - Les avatars ultérieurs du progressisme 3. Le gouvernement limité par les droits de l’individu Rousseau, Locke et la voie « juridico-déductive » - La fondation des droits individuels : de la théologie à la tautologie - Des droits naturels coupés du Créateur - La propriété de soi comme fondement du droit de propriété - La propriété après Locke - La nature du « pouvoir suprême » - Les limites du gouvernement - Le « grand art du gouvernement » 4. Le gouvernement sous le contrôle de l’utilité Critique du droit naturel comme principe de l’action publique - Le principe d’utilité, unique critère de l’action publique - Construire la spontanéité - La voie ouverte au réformisme social 5. Crise du libéralisme et naissance du néolibéralisme Une idéologie trop étroite -L’inquiétude précoce de Tocqueville et de Mill - La défense du libre marché - Contre la superstition étatique - La naissance du concurrentialisme fin-de-siècle - Le « nouveau libéralisme » et le « progrès social » - La double action de l’État selon Karl Polanyi - Le néolibéralisme et les discordances du libéralisme II / La refondation intellectuelle 6. Le colloque Walter Lippmann ou la réinvention du libéralisme - Contre le naturalisme libéral - L’originalité du néolibéralisme - L’agenda du libéralisme réinventé - Néolibéralisme et révolution capitaliste - Le règne de la loi Un gouvernement des élites 7. L’ordolibéralisme entre « politique économique » et « politique de société » L’« ordre » (Ordo) comme tâche politique - La légitimation de l’État par l’économie et son « supplément social » - L’ordre de concurrence et la « constitution économique » - Politique de « mise en ordre » et politique « régulatrice » - Le citoyen-consommateur et la « société de droit privé » - L’« économie sociale de marché » : les équivoques du « social » - La « politique de société » de l’ordolibéralisme - La petite entreprise comme remède à la prolétarisation - La « troisième voie » 8. L’homme entrepreneurial Critique de l’interventionnisme Une nouvelle conception du marché - Le marché et la connaissance - L’entrepreneurialité comme mode du gouvernement de soi - Former le nouvel entrepreneur de masse - L’universalité de l’homme-entreprise 9. L’État fort gardien du droit privé Ni laisser-faire… Ni « fins sociales » - L’« ordre spontané du marché » ou « catallaxie » - La « sphère garantie de liberté » et le droit des individus - Le « domaine légitime des activités gouvernementales » et la règle de l’État de droit - L’État fort plutôt que la démocratie III / La nouvelle rationalité 10. Le grand tournant Une nouvelle régulation par la concurrence - Idéologie (1) : le « capitalisme libre » - Idéologie (2) : l’« État-providence » et la démoralisation des individus - Discipline (1) : un nouveau système de disciplines - Discipline (2) : l’obligation de choisir - Discipline (3) : la gestion néolibérale de l’entreprise - Rationalité (1) : la pratique des experts et des administrateurs -Rationalité (2) : la « troisième voie » de la gauche néolibérale 11. Les origines ordolibérales de la construction européenne Archéologie des principes du Traité constitutionnel européen - L’hégémonie de l’ordolibéralisme en RFA - La construction européenne sous influence - Vers la mise en concurrence des législations ? 12. Le gouvernement entrepreneurial De la « gouvernance d’entreprise » à la « gouvernance d’État » - Gouvernance mondiale sans gouvernement mondial - Le modèle de l’entreprise - L’hypothèse de l’acteur égoïste et rationnel - Le Public Choice et la nouvelle gestion publique - La concurrence au cœur de l’action publique - Une politique de gauche ? - Une technologie de contrôle - Managérialisme et démocratie politique 13. La fabrique du sujet néolibéral Le sujet pluriel et la séparation des sphères - La modélisation de la société par l’entreprise - La « culture d’entreprise » et la nouvelle subjectivité - L’entreprise de soi comme ethos de l’autovalorisation - Les « ascèses de la performance » et leurs techniques - Le « management de l’âme » et le management de l’entreprise - Le risque : une dimension d’existence et un style de vie imposé - « Accountability » - Le nouveau dispositif « performance/jouissance » - De l’efficacité à la performance - Les cliniques du néosujet - La souffrance au travail et l’autonomie contrariée - L’érosion de la personnalité - La démoralisation - La dépression généralisée - La désymbolisation - La « perversion ordinaire » - La jouissance de soi du néosujet - Le gouvernement du sujet néolibéral Conclusion : L’épuisement de la démocratie libérale Une rationalité a-démocratique - Un dispositif de nature stratégique - Inventer une autre gouvernementalité - Les « contre-conduites » comme pratiques de subjectivation Index des noms Index des concepts. « La crise économique semble marquer une rupture idéologique: à droite comme à gauche, on sent que le vent est en train de tourner. Un cycle historique serait sur le point de se clore, celui du triomphe libéral. Le champ des possibles paraît s'ouvrir. Mais pour aller où ? Les uns semblent penser que la parenthèse "ultralibérale' se referme et que le modèle économique et sociale des "trente glorieuses" peut être réactivé; d'autres jugent qu'un nouveau type de société est à inventer, qui révolutionnerait notre relation au travail et à la nature; d'autres encore, comme le président Sarkozy, déclare que le "laisser-faire", c'est "fini", et qu'il faut refonder le capitalisme. L'État serait même de retour. Pour comprendre ces débats, le livre de Christian Laval et Pierre Dardot sur la "société néolibérale" offre des clés d'analyse. Cette somme de recherches relève de l'histoire des idées, de la philosophie et de la sociologie. » LE MONDE « La Nouvelle Raison du Monde est tout à la fois un livre théorique, une analyse économique et un récit historique. C'est ce qui fait son intérêt et c'est aussi ce qui le rend accessible. Ses auteurs s'efforcent de replacer le néolibéralisme dans son contexte et d'en retracer l'histoire à partir des années 1930 et du fameux colloque Walter Lippmann, de 1938, véritable acte fondateur de la nouvelle théorie. Le grand mérite de Dardot et Laval est d'abord de restituer leur rigueur aux mots. Non, "néolibéralisme" et "ultralibéralisme" ne sont pas interchangeables. L'un n'est pas la nouvelle mouture de l'autre. La différence n'est pas seulement sémantique. Et son intérêt ne relève pas seulement d'une casuistique réservée aux spécialistes. Elle a des conséquences politiques importantes. Le néolibéralisme, qui imprègne toute la construction européenne, est bien plus une doctrine politique. Il n'est pas un héritage lointain de la physiocratie chère à Quesnay ou au "laissez faire la nature" préconisé dès le début du XVIII° siècle par Boisguilbert dans sa fameuse Dissertation. Il n'est pas non plus assimilable au monétarisme de Milton Friedman ni au libéralisme des tristement célèbres "Chicago Boys" qui s'étaient mis au service du dictateur Pinochet. La nouvelle théorie se construit au contraire dans la critique du naturalisme libéral. Tout l'ouvrage dont il est question ici s'emploie à dissiper cette équivoque. De la confusion des concepts et des mots, Dardot et Laval soulignent les conséquences. [...] Dardot et Laval analysent aussi l'influence du néolibéralisme dans les modes de gestion politiques. C'est l'avènement de la fameuse notion de "gouvernance". Peu à peu, les méthodes de "management" du privé envahissent la sphère publique. [...] Dardot et Laval nous montrent avec beaucoup d'efficacité en quoi le néolibéralisme, "nouvelle raison du monde", ne s'arrête pas à l'économie, mais subordonne intégralement notre vision de la politique. » POLITIS « Un ouvrage qui fera date parmi les essais consacrés à la société néolibérale. » MARIANNE « Un livre qui tombe à pic face à la crise que nous traversons. loin du capitalisme d'antan, expliquent les auteurs, le néolibéralisme ne perçoit plus le marché comme une donnée naturelle, mais comme un objectif à construire afin que l'entreprise serve de modèle au gouvernement politique. C'est l'absorption finale du politique dans l'économique, l'abandon de la recherche du bien commun. Cette transformation, et la crise qu'elle a entraînée, sont présentées par Laval et Dardot comme constituant la rationalité du monde globalisé. Loin de se contenter du politique et même de l'économique, le néolibéralisme élève la concurrence au rang de norme universelle et absolue. Aucune sphère n'y échappe, créant ainsi de nouvelles formes d'assujettissement, achevant de réduire chacun de nous à l'état d'homo economicus. Un essai stimulant et vif, incitant à secouer certaines habitudes de pensée. » LE SPECTACLE DU MONDE « Et parce que la crise, c'est peut-être aussi l'occasion de rigoler, il est bon de se pencher sur des essais consistants et de se poser quelques questions. Avec La nouvelle raison du monde, Pierre Dardot et Christian Laval, tous les deux enseignants et chercheurs, décryptent les récentes évolutions du monde économique. En passant en revue aussi bien les courants politiques néolibéraux que les gouvernements qui les ont mis en oeuvre, ils permettent de prendre la mesure des changements à l'oeuvre. Une oeuvre salutaire en ces temps troubles. » H FOR MEN « Fruit d'un travail de longue haleine sur le libéralisme et le néolibéralisme, le livre de Pierre Dardot et Christian Laval, prend du relief avec la crise financière mondiale. » LE TEMPS « D'une grande érudition, ce livre est une invitation pressante à pousser la critique théorique et sociale de l'ordre actuel au-delà des analyses les plus courantes. » LE MONDE DIPLOMATIQUE 495 pages édition en poche : août 2010

    13,50 €