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Asie


  • Emilio Crisi : Révolution anarchiste en Mandchourie (1928-1932)

    Voilà un événement méconnu de l’histoire sociale asiatique. À la fin des années 1920, le processus de transformation sociale lancé par les anarchistes coréens passa par d'inévitables discussions sur le lieu où devait se déclencher la dynamique révolutionnaire : à partir des masses paysannes ou des centres urbains ?
    Il est évident que la réalité militante et la situation des pays limitrophes furent prises en compte au cours des débats. L’analyse que firent les anarchistes des forces indépendantistes et l’alliance avec une partie de celles-ci permirent d'envisager l’établissement d’une société libre et égalitaire défendue par ses propres armes face à toutes les menaces extérieures

    édition : Noir et Rouge 01/2020

    15,00 €
  • Leoni : La révolution iranienne

    L'Iran connaît en 1979, l'un des régimes les plus stables, prospères et répressifs du Moyen-Orient ; celui-ci s’effondre pourtant en quelques mois sous les coups d'une grève sauvage massive et d'émeutes urbaines incessantes. Cette étude revient sur les causes réelles de l'une des plus grandes révoltes ouvrières du XXe siècle, et met en lumière les mécanismes d'une protestation prolétarienne croissante, l'échec de la répression et l’effondrement de l’État.
    Elle relate aussi la manière dont le clergé chiite s'empare des rênes de la contestation et la transforme en "révolution islamique" et, enfin, comment tout cela déclenche un mouvement de révolte des femmes d'une ampleur inégalée.

    édition : novembre 2018

    20,00 €
  • Ngo Van : Au pays d'Héloîse

    Tribulations d'un cochinchinois à l'époque coloniale


    L’art d’être libre et debout en terre asservie Les luttes sociales et révolutionnaires de ce temps, au-delà de l’affrontement avec le très ubuesque pouvoir colonial, se sont achevées par l’extermination de bon nombre de leurs protagonistes – combattants de l’impossible, victimes d’une double terreur, coloniale et stalinienne. C’est cette mémoire confisquée par les idéologies de tous les pouvoirs que ce récit entend raviver.
    Ngo-Van (1913-2005) naquit au hameau de Tân Lô à 15 km de Saigon. Il commença à travailler à l’âge de 14 ans dans la capitale cochinchinoise. En 1932, il rejoignit le mouvement communiste antistalinien et partagea la lutte des révolutionnaires au Viêtnam jusqu’à son émigration en France en 1948, où il devint métallo et fin lettré…
    Réédition en format « Petites Insomnies » février 2013

    15,30 €
  • Ngo Van : Au pays de la cloche fêlée

    Ngo Van, qui a été un militant trotskiste de Cochinchine (actuel Sud Vietnam), est né en 1913 dans un petit hameau près de Saigon et se définit lui-même comme un survivant : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger » pensait Blaise Pascal. A considérer l'actuelle République dite socialiste du Viêt-nam et son histoire officielle, acceptée partout quasiment sans esprit critique, je ne peux lire cette maxime sans ressentir à quel point je suis un survivant. Son livre rend aussi hommage au lutteur infatigable, Nguyên an Ninh, qui créa en 1923, le journal anticolonialiste, La Cloché fêlée, titre emprunté à un poème de Baudelaire.
    De cette génération de jeunes militants qui se rangèrent sous le drapeau de la 4ème Internationale, au début des années 30, il est aujourd'hui parmi l'un des rares survivants qui témoigne avec force et détermination de ce que fut le combat indissociable de ses camarades contre le pouvoir colonial et pour l'émancipation sociale de millions de coolies et de paysans. Le courage aussi de se battre contre les mensonges de la propagande stalinienne, celle du parti communiste indochinois et de son dirigeant Hô chi Minh. Cet acharnement viscéral à rétablir la vérité tout en défendant une politique d'indépendance du prolétariat et de la paysannerie pauvre, contre tout compromis avec le pouvoir colonial et les nationalistes bourgeois ou staliniens, les partisans de l'Opposition de Gauche dans l'Indochine coloniale l'ont souvent payé au prix de leur vie. Contraints à la clandestinité, régulièrement arrêtés et torturés dans les sinistres locaux de la Sûreté de Saigon ou morts au bagne de Poulo Condore, ce furent des combattants révolutionnaires pris entre deux feux, victimes de la double terreur coloniale et stalinienne.
    Dans un précédent ouvrage (paru en 1995 et réédité l'an dernier chez Nautilus), Viêt-Nam 1920-1945, révolution et contre-révolution sous la domination coloniale, Ngo Van avait déjà rétabli bien des points de la vérité historique en restituant dans un extraordinaire tableau, la période qui s'ouvre au début des années 20 avec le retour au pays des vieux leaders nationalistes. L'éveil de la jeunesse annamite aux idées de Rousseau et dont les plus lucides se jettent à bras ouverts dans le combat contre l'oppression sociale et nationale. C'est de ces jeunes étudiants, de ces « retour de France » après leur rencontre décisive à Paris avec les militants proches de Trotski, les Rosmer, Naville, Franck ou Guérin, que sera issu le groupe de l'Opposition de gauche communiste indochinois. Face au pouvoir colonial, ces militants font bloc avec les staliniens autour du journal La lutte de 1933 à 1937. L'influence des staliniens s'est ancrée dans la paysannerie tandis que le monde des coolies et des ouvriers des centres urbains est gagné aux idées révolutionnaires de la 4ème Internationale. Ces militants seront pour la plupart exterminés en 1945 par les sicaires aux ordres de Ho chi Minh. L'histoire officielle a tenté de les faire disparaître de la mémoire collective. Ils revivent ici mais aussi au Viêt-Nam où le petit peuple ne les a jamais oubliés.
    Il faut lire ces deux ouvrages parce qu'ils sont indissociables, parce qu'ils nous touchent au cœur par leur profonde humanité et leur souci de vérité. Ils nous communiquent un peu de leur énergie, de la force de se battre contre toutes les oppressions. Ce sont des ouvrages irremplaçables, témoignage émouvant écrit par un survivant pour lutter contre l'oubli et son pendant, le mensonge, le parti-état et sa falsification stalinienne de l'Histoire, pour le communisme !
    Le 15 février 2001, article publié dans Rouge n°1915.

    240 pages édition : novembre 2000

    12,00 €
  • Ngo Van : Le joueur de flûte et l'Oncle Hô

    Ngo Van nous a quittés en janvier 2005 alors qu'il travaillait à la suite d'Au pays de la cloche fêlée publié en 2000. C'est aussi en mars de cette année qu'a été publié le pendant à Viêt-nam 1920-1945 révolution et contre révolution sous la domination coloniale. Pour ceux des lecteurs qui n'ont pas lu les deux précédents ouvrages de Van consacrés au Vietnam, nous leur signalons la critique parue dans Rouge en février 2001 et mise en ligne sur le site Culture et Révolution (Au pays de la Cloche fêlée de Ngo Van). Signalons aussi un site très complet consacré à Ngo Van où on peut y retrouver les références de ces ouvrages et nombre de ses textes et prises de positions : http://chatquipeche.free.fr/ Bien loin des images et icônes tiers-mondistes qui ont encensé l'actuel régime vietnamien, la lecture de l'ouvrage de Van nous montre tous les rouages du système mis en place dès les premières années de son activité politique par celui qui se fit nommer Hô chi Minh alias Nguyên ô Phap (Nguyên qui déteste les Français), alias Nguyên ai Quöc (Nguyên le Patriote), des surnoms aux accents chauvins et haineux ou celui plus significatif de Vuong – caractère chinois qui signifie roi – adopté par celui qui deviendra l'Oncle Hô lors de son premier séjour en Chine en 1924. Les principales périodes de l'histoire du Vietnam sont ainsi détaillées en commençant dès 1945 par le massacre des trotskystes dans les zones contrôlées par le PCI. Dans la zone nord du pays où Hô chi Minh parvient à y prendre le pouvoir, la répression est alors féroce contre les mineurs coupables de s'être appropriés les mines de charbon sous contrôle ouvrier ou à l'encontre des paysans qui décident de mettre en application le slogan du PCI en 1930 « la terre à ceux qui la travaillent », terres qui finiront par être rendues à leurs propriétaires fonciers. Plus tard, lors de la réforme agraire dans le Nord en 1954-56, Hô chi Minh se livrera à un bain de sang dans les campagnes en exigeant dans chaque village un quota de paysans à fusiller lors de procès manipulés. On ne peut que penser aux similitudes dans les méthodes qui furent employées en leur temps par Staline ou Mao. Van souligne ici une caractéristique du régime où « l'infini servage des paysans – comme toujours taillables et corvéables à merci -, combiné avec l'exploitation renforcée d'un prolétariat en voie de développement, constitue le fond de l'accumulation primitive du capitalisme d'État bureaucratique »... « Le Parti-État détient le monopole de la terre dont les nouveaux maîtres disposent au détriment de ceux qui la travaillent » Chacun pourra ainsi se reporter aux chapitres consacrés à la répression contre les intellectuels calquée sur celle de Mao en 1956 ou les purges au sommet de l'appareil d'État entre rivaux à la succession avec une série de suicides par empoisonnement ou d'accidents routiers en tous genres. Cela reste une donnée constante du régime avec les bagnes et mouroirs hérités de la période coloniale et remis en activité permanente depuis 1945. La corruption du régime, les liens claniques et népotiques de la nomenklatura au pouvoir, apparaissent ainsi au grand jour. Van les illustre avec des exemples puisés dans l'après-entrée des troupes vietminh dans Saigon en 1975 et l'actuel régime confronté aux grèves et manifestations dans les zones franches concédées aux affairistes et capitalistes de la région... Il y a aussi ces pages extraordinaires qui dont donné le titre à ce livre, hommage au vénéré Vo thành Minh, vieux lettré de la ville de Hué qui refuse en 1968 de répondre aux injonctions à la soldatesque du Vietminh. Toutes aussi émouvantes sont les pages qui relatent la guerre américaine et de ces adolescentes enrôlées dans les brigades du Vietminh ; jetées en pâture et sacrifiées sur le front de la guerre et qui se retrouvent rejetées et bannies de la société parce que plus en age de se marier... ces témoignages ont été recueillis lors d'un séjour en 1997 sur place par l'auteur. Toujours lors de son séjour, Ngô van nous fait découvrir des poèmes inédits qui ont valu à leurs auteurs d'être impitoyablement pourchassés et emprisonnés dans la belle patrie socialiste... Au dos du Joueur de flûte et de l'Oncle Hô, figure un texte que nous reproduisons et qui résume bien le livre : Ngô Van nous livre ici une histoire non orthodoxe du Vietnam contemporain. De l'entrée en scène de Hô chi Minh jusqu'à nos jours, l'auteur expose les vrais visages, loin de la version officielle, du criminel leader charismatique et de ses successeurs qui, avec le sang de leur peuple, édifièrent un État autoritaire où le mensonge constitue le noyau idéologique de l'héroïsme anti-impérialiste. Lire ce minutieux travail de mémoire, c'est rendre justice au « petit peuple héroïque » vietnamien sacrifié par la Nomenklatura. Octobre 2005 Jean Narédo 296 pages édition : mars 2005

    22,31 €
  • Ngo-Van : Viet-Nam 1920-1945, révolution et contre-révolution sous la domination coloniale

    LA QUINZAINE LITTÉRAIRE JOURNAL EN PUBLIC
    MAURICE NADEAU
    n° 892 du 16 au 31 janvier 2005
    Il y a dix ans, en octobre 1995, j'ai raconté comment avait un jour débarqué à La Quinzaine un Vietnamien, « grand, maigre, un long visage », se recommandant d'amis de ma jeunesse militante, comment il m'avait donné des nouvelles de mon camarade « Ernest » (Tran Van Shi), retourné dans cette Indochine qui n'était pas encore le Vietnam pour y continuer la lutte, et mort au bagne de Poulo Condore, comment, ouvrant sa valise posée sur une chaise, il en avait sorti deux mille pages manuscrites qu'il me donnait à lire: rien moins que vingt-cinq ans d'histoire coloniale de son pays, 1920-1945. Une histoire qu'il avait vécue comme jeune révolutionnaire échappant à la mort donnée par les Français puis plus tard par les staliniens, réussissant à prendre un bateau pour la France où il débarque en 1948. Il est embauché chez Renault, il y travaillera trente ans.
    NGO VAN

    Dix ans donc, cette première entrevue.
    Peu après, Ngo Van publie ce Vietnam 1920-1945, Révolution et contre-révolulion coloniale. La Quinzaine en rend compte : « Une somme historique, écrit Serge Quadruppani. Feuilles zingographiées, tracts, brochures, journaux d'époque, ouvrages récents, l'auteur brasse une impressionnante documentation, souvent utilisée pour la première fois. On est emporté dans le flot d'un récit aussi haut en couleur qu'une saga historique ficelée par un maître du genre, sauf qu'ici tout est vrai, superbement et atrocement vrai... » Notre collaborateur rappelle que, «né dans une famille paysanne du delta du Mékong, Ngo Van a commencé à travailler dès l'âge de 13 ans et n'attend pas d'avoir vingt ans pour se lancer dans la lutte des communistes antistaliniens ». Arrêté plusieurs fois, emprisonné, assigné à résidence, etc.
    Sa propre histoire, Ngo Van la raconte six ans plus tard dans Au pays de la cloche fêlée. Jean-Jacques Marie y fait écho dans La Quinzaine : « Il prend à la gorge d'entrée. Il commence par son arrestation le 10 juin 1936 par la Sûreté française et par les tortures que les policiers français lui infligent... Ngo Van possède un véritable talent de conteur, il rend très présents au lecteur l'atmosphère de la prison, l'odeur des cellules puantes... le sadisme des policiers... il fait aussi revivre avec un égal talent dès qu'il passe au récit de son enfance, le monde à la fois misérable et chaleureux des petits paysans vietnamiens d'où il est sorti... Le crime de Ngo Van ? Avoir constitué avec un groupe de camarades la Ligue des communistes internationalistes pour la construction d'une IVe Internationale...»

    Deux ouvrages majeurs où l'historien montre des dons d'écrivain et de conteur.
    Aujourd'hui un opuscule : Utopie antique et guerre des paysans en Chine que suivra, bientôt sans doute, Le Joueur de flûte et Ho Chi Minh. Ce seront les dernières publications de Ngo Van. Sa collaboratrice des dernières années, Hélène Fleury, nous téléphone ces premiers jours de janvier: «Ngo Van vient de mourir. Il m'avait dit que vous étiez de ses amis... »
    L'extrême discrétion de Ngo Van a fait que nous nous sommes peu rencontrés. Il est revenu à La Quinzaine deux fois, peut-être trois, en ces dix années. Il avait bien voulu écrire une recension que nous lui avions demandée, nous évoquions souvent son nom à propos d'ouvrages qui, pour des comptes rendus, relevaient de ses compétences.
    Ce révolutionnaire, cet « intellectuel » qui a travaillé trente ans en usine était un connaisseur passionné de l'histoire de Chine. Les PUF ont publié de lui en 1976 Divination, magie et politique en Chine ancienne sous le patronage de l'École des Hautes Études. L'ouvragé a été réédité. Il m'avait fait don des épreuves de la première édition. J'y lis. « Le présent essai concerne un aspect non officialisé des arts ésotériques et de leurs implications avec le pouvoir .... » Toujours le même souci.
    « Les maîtres de ces arts, les fang-che (devins, astrologues, dompteurs de démons, acupuncteurs, médecins, taoïstes spécialistes de l'art de longue vie, alchimistes, interprétateurs de prophéties...) ont parfois orienté la politique par leur influence directe soit sur le Fils du Ciel soit sur le peuple... » Etc.
    Le marxiste qu'il était l'a amené à écrire un Avec Maximilien Rubel, une amitié, une lutte 1954--1996.
    Il s'intéressait aux contes populaires dans son pays. Ils ont paru ici en traduction bilingue.
    Nous n'aurons pas la chance de rencontrer à nouveau Ngo Van. Avec la discrétion qu'on lui connaissait il vient de s'éclipser. Ou, plutôt comme nous le dit au téléphone Hélène Fleury : «Il s'est éteint...»
    Il est né en 1913.
    450 pages
    édition : septembre 2000

    18,60 €
  • Trân Vàn Thach 1905-1945, une plume contre l'oppression

    L'Indochine coloniale au début des années 1930 connaît une double évolution politique. D'une part le Parti communiste a été détruit par l'action de la Police de Sureté ; mais d'autre part le développement par de jeunes révolutionnaires d'un nouveau front politique, agissant légalement, et prenant de court les autorités coloniales. Constitué par de jeunes intellectuels pour la plupart enseignants, ce courant intègre différentes tendances, du nationalisme de gauche au communisme y compris trotskiste.
    "La Lutte" va s'illustrer par une activité militante forte, journalistique, électorale et sociale. Parmi ces jeunes intellectuels, Trân Van Thach est l'un des animateurs du journal La Lutte. Sa fille a entrepris une biographie de son père Trân Van Thach qui redonne vie à un courant nationaliste et révolutionnaire vietnamien – notamment au trotskisme – peu connu car éliminé physiquement par le Parti communiste : son père, comme beaucoup d'autres, sera exécuté en 1945.
    Trân Van Thach a activement participé au journal La Lutte. L'auteur a rassemblé une collection importante de ses textes, difficilement accessibles, qui constituent un témoignage remarquable de la vie politique du Vietnam colonial, mais aussi de la vie quotidienne des Vietnamiens de toutes les classes sociales de l'époque : les Vietnamiens vus par les Vietnamiens.

    édition : novembre 2020

    33,00 €