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Antilles


  • Adélaide-Merlande : Histoire contemporaine de la Caraîbe et des Guyanes

    De 1945 à nos jours, la région dite des Caraïbes (ou si l'on préfère de l'archipel des Antilles) et des Guyanes (Guyana. Suriname. Guyane française) a connu bien des mutations d'ordre politique (changement de statuts), économiques (déclin de l'économie de plantation. importance prise par le tourisme), social, culturel (affirmation ou recherche d'identité)... Elle a été aussi le théâtre d'événements qui ont eu parfois des répercussions internationales : crise des fusées (1962) et démêlés de la révolution cubaine avec les États-Unis, crise de la République dominicaine (1963-1965), difficile retour à la démocratie en Haïti après la longue dictature des Duvaliers, crise de la Grenade avec intervention du grand voisin du Nord, en 1983. C'est cette complexité et ces péripéties que Jacques AdélaïdeMerlande s'est efforcé de relater, en ayant directement recours aux très nombreuses sources de langue espagnole ou anglaise, sans négliger bien entendu les sources de langue française. Cette étude s'est nourrie à la fois du cours qu'il a professé durant de longues années à la faculté des lettres de l'Université Antilles Guyanes, mais aussi de la connaissance concrète qu'il a de nombre des pays ou territoires de la région, qu'il eut la possibilité de visiter à l'occasion des congrès de l'Association des historiens de la Caraïbe. A cette synthèse à la fois politique, économique, sociale s'est rajoutée une approche thématique, sous la forme de fiches concernant notamment les éruptions volcaniques récentes, les migrations, les subdivisions, les partis politiques. Né à Fort-de-France, d'origine à La fois guadeloupéenne et martiniquaise, Jacques Adélaide-Merlande, agrégé d'histoire, a été maître de conférences à l'Université des Antilles et de la Guyane, dont il fut président de 1972 à 1977. La série d'actions qu'il a menées, pour la coordination des recherches historiques dans la Caraïbe (il a été aux origines d'une association réunissant les historiens anglophones, francophones et hispanophones de la région) lui a valu d'être fait docteur honoris causa de l'Université des West-Indies (Antilles anglophones) en octobre 2000. Collection dirigée par Jean Copans 250 pages édition : octobre 2002

    26,00 €
  • Césaire : Discours sur le colonialisme, suivi de Discours sur la négritude

    Comme naguère Jean-Jacques Rousseau dénonçait le scandale d'une société fondée sur l'inégalité, avec la même clarté, et un bonheur d'écriture que seule peut inspirer la passion du juste, Aimé Césaire prend ses distance par rapport au monde occidental et le juge. Ce discours est un acte d'accusation et de libération. Sont assignés quelques ténors de la civilisation blanche et de son idéologie mystifiante, l'Humanisme formel et froid. En pleine lumière sont exposées d'horribles réalités : la barbarie du colonisateur et le malheur du colonisé, le fait même de la colonisation qui n'est qu'une machine exploiteuse d'hommes et déshumanisante, une machine à détruire des civilisations qui étaient belles, dignes et fraternelles. C'est la première fois qu'avec cette force est proclamée, face à l'Occident, la valeur des cultures nègres. Mais la violence de la pureté du cri sont à la mesure d'une grande exigence, ce texte chaud, à chaque instant, témoigne du souci des hommes, d'une authentique universalité humaine. Il s'inscrit dans la lignée de ces textes majeurs qui ne cessent de réveiller en chacun de nous la générosité de la lucidité révolutionnaires. Le Discours sur le colonialisme est suivi du Discours sur la Négritude, qu'Aimé Césaire a prononcé à l'Université Internationale de Floride (Miami), en 1987. 92 pages Edition : 2004

    5,20 €
  • Césaire Aimé : Toussaint Louverture la Révolution française et le problème colonial

    Saint-Domingue est le premier pays des temps modernes à avoir posé dans la réalité et à avoir proposé à la réflexion des hommes, et cela dans toute sa complexité ; sociale, économique, raciale, le grand problème que le XXe siècle s'essouffle à résoudre : le problème colonial. Le premier pays où s'est noué ce problème. Le premier pays où il s'est dénoué. Quand pour la première fois, Toussaint Louverture fit irruption sur la scène historique, bien des mouvements étaient en train : le mouvement blanc vers l'autonomie et la liberté commerciale, le mouvement mulâtre vers l'égalité sociale ; le mouvement nègre vers la liberté. Le pouvoir bourgeois issu de la Révolution Française éprouva que la liberté est indivisible, que l'on ne pouvait accorder la liberté politique ou économique aux planteurs blancs et maintenir les mulâtres sous la férule ; que l'on ne pouvait reconnaître l'égalité civile aux hommes de couleur libres et dans le même temps maintenir les nègres dans l'ergastule ; bref que pour libérer une des classes de la société coloniale, il fallait les libérer toutes, et que pour les libérer toutes, il fallait libérer Saint-Domingue elle-même, remettre en jeu l'existence même de la société coloniale : ce qui parut au pouvoir contraire aux intérêts de la France. Quand Toussaint Louverture vint, ce fut pour prendre à la lettre la Déclaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer qu'il n'y a pas de race paria ; qu'il n'y a pas de pays marginal ; qu'il n'y a pas de peuple d'exception... On lui avait légué des bandes. Il en avait fait une armée. On lui avait laissé une jacquerie. Il en avait fait une Révolution ; une population, il en avait fait un peuple. Une colonie, il en avait fait un Etat ; mieux, une nation. La réédition de l'ouvrage qui a renouvelé l'analyse historique des sociétés coloniales, en se fondant sur un projet politique et culturel qui garde toute sa force pour le tiers monde aujourd'hui. édition : juillet 2000

    16,00 €
  • Césaire/Vergès : Nègre je suis, nègre je resterai. Entretiens avec Françoise Vergès

    Au moment où, pour la première fois en France, s'ouvre un large débat public sur les traces contemporaines de l'esclavage et du colonialisme, la portée historique et politique des écrits d'4imé Césaire prend un relief tout particulier. Dans ces entretiens accordés à Françoise Vergès, le « père de la négritude » relate avec une très grande liberté de ton les principaux moments de son combat pour l'égalité des peuples à l'ère post-coloniale. Témoin capital de cette période de mutations, Aimé Césaire évoque son siècle, celui de la fin des empires coloniaux, en posant les questions fondamentales de l'égalité, de l'écriture de l'histoire des anonymes et des disparus du monde non européen. C'est la voix d'un homme immense qu'il nous est donné d'entendre, dans sa force et sa modestie. Né à la Martinique en 1913, Aimé Césaire est l'un des plus grands poètes de langue française de notre temps. Professeur de sciences politiques à l'université de Londres, Françoise Vergès est vice-présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage. 151 pages Edition : 2006

    14,20 €
  • CLR James : Histoire des révoltes panafricaines

    Ce petit livre de C. L. R. James, dont la première édition est parue en 1938, la même année que Les Jacobins noirs, propose une histoire mondiale de la résistance des Noirs, de Saint-Domingue aux colonies africaines, en passant par les Etats-Unis et d'autres îles des Antilles. Révoltes d'esclaves, émeutes, grèves, mouvements millénaristes ou antiracistes : rompant avec le cliché de populations subissant passivement leur exploitation, James souligne la diversité des rébellions, leur constance et leur place centrale dans le monde moderne. Ici comme ailleurs, ce sont les masses qui font l'histoire, dans les conditions et avec les croyances qui sont les leurs ; les leaders, Toussaint comme Nkrumah, Garvey comme Nyerere, sont toujours portés et produits par des processus collectifs. Dans l'épilogue, écrit en 1969, James traite des luttes des Noirs aux Etats-Unis, des conflits ouvriers dans les Caraïbes et surtout de l'Afrique post-coloniale, prolongeant et précisant les analyses avancées trente ans plus tôt. Par son sujet comme par son traitement, ce livre n'a pas pris une ride - il pourrait même être en avance sur notre temps. édition : mars 2018

    15,00 €
  • Confiant Raphaël : L'insurrection de l'âme, Franz Fanon

    Autobiographie imaginée d'un Martiniquais dont l'oeuvre et la trajectoire marquèrent l'histoire non seulement de l'Algérie et du Tiers-monde, mais aussi du monde entier : Frantz Fanon, le "guerrier-silex" comme le définissait son compatriote Aimé Césaire. Vie brève, assemblée à la manière d'un puzzle dont les pièces s'ajustent et se disjoignent, se recomposent pour mieux s'éloigner, entre l'ile natale perdue-retrouvée, la France découverte dans sa vérité vraie, l'Algérie, sa patrie d'adoption, passionnément aimée et l'Afrique noire, terre longtemps rêvée. Derrière le militant révolutionnaire, il y avait une personnalité hors du commun qui n'aimait pas se livrer, dévouée qu'elle était à la lutte contre l'oppression coloniale. Raphaël Confiant tente le pari un peu fou de se mouler dans la vie de Fanon pour le donner à voir (et à lire) sous une facette moins hagiographique que celle que l'on présente généralement. édition : janvier 2022

    9,90 €
  • Fanon : Ecrits sur l'aliénation, sur la liberté

    L’œuvre de Frantz Fanon, psychiatre et militant anticolonialiste prématurément disparu en 1961 à l’âge de trente-six ans, a marqué depuis lors des générations d’anticolonialistes, d’activistes des droits civiques et de spécialistes des études postcoloniales.
    Depuis la publication de ses livres (Peau noire, masques blancs, 1952 ; L’An V de la révolution algérienne, 1959 ; Les Damnés de la terre, 1961), on savait que nombre de ses écrits restaient inédits ou inaccessibles. En particulier ses écrits psychiatriques, dont ceux consacrés à l’« aliénation colonialiste vue au travers des maladies mentales » (selon les mots de son éditeur François Maspero).
    Ce matériel constitue le cœur du présent volume, établi et présenté à la suite d’un patient travail de collecte et d’une longue recherche par Jean Khalfa et Robert JC Young. Le lecteur y trouvera les articles scientifiques publiés par Fanon, sa thèse de psychiatrie, ainsi que certains inédits et des textes publiés dans le journal intérieur de l’hôpital de Blida-Joinville où il a exercé de 1953 à 1956. On y trouvera également deux pièces de théâtre écrites durant ses études de médecine (L’Œil se noie et Les Mains parallèles), la correspondance qui a pu être retrouvée ainsi que certains textes publiés dans El Moudjahid après 1958, non repris dans Pour la révolution africaine (1964).
    Cet ensemble remarquable est complété par la correspondance qu’avaient échangée François Maspero et l’écrivain Giovanni Pirelli pour un projet de publication des œuvres complètes de Fanon, ainsi que par l’analyse raisonnée de la bibliothèque de ce dernier.
    La parution de ces Écrits sur l’aliénation et la libertéconstitue un véritable événement éditorial, par le nouveau regard qu’ils permettent de porter sur la pensée de Fanon autant que par leur portée toujours actuelle, dans le champ psychiatrique comme dans le champ politique.

    Edition : octobre 2018

    16,00 €
  • Fanon : Les damnés de la terre

    " La violence qui a présidé à l'arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l'économie, les modes d'apparence, d'habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d'être l'histoire en actes, la masse colonisée s'engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d'action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé. " Frantz FANON Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d'Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi - et sert encore aujourd'hui - d'inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d'un tiers monde révolutionnaire porteur d'un « homme neuf» restent un grand classique du tiers-mondisme, l'oeuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon. Dans cette nouvelle édition, la préface de Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l'Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l'importance contemporaine de la pensée de Frantz Fanon. 313 pages Edition : 2005

    12,00 €
  • Fanon : Oeuvres

    Frantz Fanon, néà la Martinique en 1925, mort à Washington en 1961, psychiatre et militant anticolonialiste, a laissé une œuvre qui, un demi-siècle plus tard, conserve une étonnante actualité et connaît un rayonnement croissant dans le monde entier. Méde-cin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida (Algérie) à partir de 1953, il est confronté aux effets de la situation de « déshumanisation systématisée » dont sont victimes les « indigènes ». Cela le conduit très vite à rejoindre le combat du Front de libération nationale qui a engagé en novembre 1954 la « guerre de libération » de l’Algérie. Deux ans plus tard, il démissionne de son poste et rejoint le FLN à Tunis, où il collabore au journal El Moudjahid, avant d’être emporté, le 6 décembre 1961, par une leucémie à l’âge de trente-six ans. Sa trajectoire fulgurante est marquée par la publication de trois livres majeurs : Peau noire, masques blancs (Seuil, 1952), L’An V de la révolution algérienne (Maspero, 1959), Les Damnés de la terre (Maspero, 1961). Et en 1964, François Maspero publie un recueil de certains de ses textes politiques, sous le titre Pour la révolution africaine. Ce sont ces quatre ouvrages que réunit ce volume, complété par une préface de l’historien Achille Mbembe et une introduction de la philosophe Magali Bessone.

    28,50 €
  • LKP, Guadeloupe le mouvement des 44 jours

    Alors que la situation sociale ne cesse d'empirer, la Guadeloupe va marquer l'Histoire en déclenchant, le 20 janvier 2009, ce qui allait devenir la plus longue grève générale que la France ait jamais connue. Une grève qui fera date pour avoir réussi un coup de maître : rassembler toutes les forces progressistes de l'archipel (associations, syndicats, partis de gauche et indépendantistes) au sein d'un collectif, le LKP. Tout en faisant le récit de ces événements, en les replaçant dans leur contexte historique et en dressant le portrait de ses principaux protagonistes, les auteurs n'éludent aucune question : le LKP est-il un mouvement identitaire ou un mouvement social ? Quel est son rapport à la question de l'indépendance de la Guadeloupe ? La lumière sur le meurtre du syndicaliste Jacques Bino a-t-elle vraiment été faite, comme le prétend la version officielle, et que cache cette sombre affaire ? Un livre pour comprendre un mouvement qui n'a pas fini de faire parler de lui. Frédéric Gircour est enseignant en lettres-espagnol. Originaire de France hexagonale, il vit en Guadeloupe depuis cinq ans. Dès le début du mouvement social dans lequel il s’engage, il couvre les actions du LKP à travers le blog Chien Créole dont la renommée dépassera vite les frontières de l’archipel. Nicolas Rey est professeur-chercheur à l’Université de Guadalajara (Mexique), d’origine guadeloupéenne, est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur la résistance créole et nègre durant l’esclavage, ainsi que sur les modes de vie et d’habiter des Antillais en France et dans la Caraïbe. 190 pages édition : octobre 2010

    16,00 €
  • Macey : Frantz Fanon une vie

    Plus on s’éloigne de sa mort, survenue le 6 décembre 1961, plus Frantz Fanon semble d’actualité. C’est ce que montre David Macey dans cet ouvrage qui s’est imposé comme la biographie de référence sur le penseur de l’émancipation, aux vies enchevêtrées : depuis la Martinique, d’où il s’engagea, jeune homme, dans les forces de la France libre pour libérer la métropole du joug nazi, jusqu’à son inhumation en Algérie, – son pays d’adoption, quelques mois seulement avant l’indépendance de ce pays. Colonisé et descendant d’esclave, Fanon le demeura dans chaque ligne qu’il écrivit. Algérien et africain, il le devint par choix et par nécessité, après son installation comme psychiatre en Afrique du Nord. Inscrivant avec une étonnante précision chaque épisode de la vie de Fanon dans son contexte, tant historique qu’idéologique, éclairant ce destin hors norme grâce aux témoignages de ses proches et de ses contemporains, David Macey libère l’auteur des Damnés de la terre des mythologies dans lesquelles son personnage a été trop souvent enfermé, icône du tiers monde ou, ensuite, star des études « postcoloniales ». Plutôt que de le faire vivre en théories, David Macey cherche au contraire à redonner chair à cet homme bouillonnant. En le réinscrivant dans son temps, en ne cachant pas ses contradictions et ses tâtonnements, en ne négligeant aucune facette de la carrière de ce révolutionnaire qui fut aussi psychiatre, David Macey offre de nouvelles clés pour comprendre l’extraordinaire fécondité de l’œuvre de Frantz Fanon. Parution : octobre 2011, Nb de pages : 597.

    28,40 €
  • Odin : Pwofitasyon, luttes syndicales et anticolonialisme en Guadeloupe et Martinique

    Lorsque survinrent, au début de l’année 2009, de vastes mouvements de grève générale contre la vie chère à l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe et du Kolectif 5-Févrié en Martinique, nombreuses furent les réactions d’étonnement face à la radicalité, l’ampleur et la durée de ces deux mobilisations.
    Que pouvait-il donc y avoir de si intolérable dans la cherté de la vie pour que, par milliers, les Antillais cessent le travail, descendent dans la rue et occupent les places ? Peu comprenaient, de l’extérieur, la volonté farouche de quelques organisations de travailleurs venues dénoncer la pwofitasyon, cette « exploitation outrancière, capitaliste et colonialiste », en exhibant publiquement les rouages les plus secrets de la machine qui semblait s’être alors enrayée.
    S’appuyant sur une enquête sociologique et historique mêlant entretiens, observations de terrain et travail dans les archives, cet ouvrage revient sur le rôle du syndicalisme dans les mobilisations en Guadeloupe et en Martinique, depuis la période tumultueuse des luttes révolutionnaires et anticolonialistes des années 1960-1970 jusqu’à nos jours, et sur la grève générale de l’hiver 2009, moment demeuré ouvert à tous les possibles.

    édition : mai 2019

    22,00 €
  • Oudin-Bastide : Travail, capitalisme et société esclavagiste. Guadeloupe, Martinique (XVIIe-XIXe siècle)

    À l'époque où l'esclavage s'impose dans les îles françaises des Antilles, le travail devient, dans les sociétés européennes, un élément constitutif de l'avènement de la modernité capitaliste dans les sociétés occidentales. Bien qu'étroitement articulé au système économique européen, le système esclavagiste paraît s'opposer à cette mise en gloire du travail. C'est ce paradoxe que l'ouvrage de Caroline Oudin-Bastide s'efforce d'explorer. Mobilisant une documentation impressionnante (ouvrages esclavagistes et abolitionnistes, correspondance administrative et textes littéraires), elle montre que les planteurs esclavagistes des Antilles françaises, installés dans la consommation ostentatoire, s'adonnant au jeu et aux plaisirs, cultivant l'oisiveté, ne partagèrent pas l'« esprit du capitalisme » propre, selon Max Weber, à la bourgeoisie montante. Elle analyse par ailleurs très finement le rapport au travail des esclaves, généralement contraints à la forme la plus extrême et la plus inhumaine de travail pour autrui. En étudiant les modalités du travail servile, de sa division et de ses statuts, comme de ses pratiques quotidiennes, Caroline Oudin-Bastide offre une contribution importante à la sociologie du système esclavagiste, qui se caractérise avant tout par sa logique de dévalorisation du travail, d'autant plus grande qu'elle fut constamment associée à la violence, considérée comme l'unique moyen de vaincre la « paresse naturelle » de l'esclave. Au carrefour de l'histoire économique et de l'anthropologie historique, cet ouvrage dresse un portrait original et saisissant de la société esclavagiste des Antilles françaises. Caroline Oudin-Bastide est docteur en histoire et civilisations de l'EHESS et membre associé du Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe. 348 pages Edition : 2005

    32,00 €
  • Pago : Lumina Sophie dite "Surprise"

    Dans le prolongement de son étude sur la place des femmes lors des luttes pour l'abolition de l'esclavage et la liquidation du système esclavagiste; Gilbert Pago nous retrace la résistance des femmes des campagnes martiniquaises dans les 22 années qui ont suivi l'épopée de 1848. L'auteur relate cette dure page à travers le personnage de feu que Marie-Philomène Roptus, mieux connue sous l'appellation de Lurr Sophie dite Surprise, une des insurgées les plus actives de l'Insurrection 1870 dans les campagnes du sud de la Martinique. De Surprise, celle dont on a dit qu'elle fut la figure de proue de la révolte, l'image même de ces femmes représentant la flamme de l'insurrection la biographie manquait ! Gilbert Pago lui rétablit son identité, fait découvrir son lieu de naissance, la campagne de son adolescence. Il nous fait connaître sa grand-mère, sa mère, son frère, ses oncles et tantes, ses cousins et cousines, sa filleule, son concubin et son fils. Il nous décrit l'univers impitoyable que fut le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni où elle passa les huit dernières années de savie avant de mourir à l'âge de 31 ans. Il nous fait défiler l'histoire passionnante, douloureuse et tragique Marie-Philomène Roptus dite Lumina Sophie dite Surprise, insurgée et bagnarde, femme-flamme du Sud en révolte. Gilbert Pago, agrégé d'histoire, est actuellement directeur de l'IUFM de Martinique, en charge de la formation des enseignants. II est aussi formateur en histoire des professeurs écoles et participe à la préparation des candidats au CAPES en histoire et à l'agrégation interne en histoire-géographie pou Antilles-Guyane. Voici le lien qui mène à une critique fouillée de ce livre de Gilbert Pago, faite par notre camarade Frédéric Constant : http://natifnatal-wanakera-karib.typepad.com/natifnatalwanakerakarib/2008/11/linsurrection-d.html 105 pages édition : octobre 2008

    15,00 €
  • Pago Gilbert : L'insurrection de la Martinique

    Le livre Une Commune de Paris en terre coloniale ? Les années 1869-1870-1871 sont marquées en France par une grave crise de régime se traduisant par plusieurs crises sociales répétées, par l’affaiblissement politique et enfin par l’effondrement du régime napoléonien suite à la défaite militaire, l’occupation allemande d’une large partie du territoire français et le soulèvement de la Commune de Paris. Cette période chargée a occulté ce qui se passait dans l’empire colonial français des événements qui méritent d’avoir leur place dans la mémoire du combat des opprimés. Décembre 1868 : Le massacre des prolétaires réunionnais, immigrants indous ou cafres devant la mairie de Saint-Denis de la Réunion par les troupes françaises quand en France dans la région des puits de mine du Tarn on procède, cette même année aussi à la tuerie des gueules noires du plateau du Gua. Septembre 1870 : Le préfet du Tarn, responsable de la fusillade des mineurs, est celui qui se retrouve gouverneur de la Martinique en charge de la répression de l’insurrection qui vient d’éclater. Avril 1871 : Insurrection de Kabylie et de la province de Constantine en Algérie, en pleine Commune de Paris et au début du procès des insurgés martiniquais. On retrouvera dans les bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, communards et pétroleuses parisiens, insurgés et « femmes incendiaires » de Martinique ainsi que les rebelles kabyles partageant parfois les mêmes transports maritimes pour rejoindre leurs destinations dans l’enfer vert des bagnes. Ces coïncidences, au demeurant peu essentielles, ne doivent pas conduire à ignorer les dynamiques propres générées par les situations complexes des sociétés coloniales quand bien même les révoltes se sont placées dans le contexte de la chute du régime impérial, de la proclamation de la République et de l’occupation du territoire français.--------------------------------------------------- L’étude que Gilbert Pago nous donne à connaître de l’insurrection paysanne de la Martinique décortique les explosives relations sociales, raciales, coloniales dans un territoire qui émerge à peine du système esclavagiste. Il sert à révéler un pan de l’histoire de la France coloniale au moment de la transition entre la fin du premier empire colonial français et la mise en place de la relance en fin du 19e siècle de la colonisation européenne. ------------------------------------------------------------------------------------- L’auteur : Agrégé d’histoire, directeur de l’IUFM de Martinique, spécialiste d’histoire de la Caraïbe et des Antilles françaises et de l’histoire des femmes de ces pays. Il a notamment publié Les Femmes et la liquidation du système esclavagiste à la Martinique (Ibis rouge, 1998) et 1848 : Chronique de l’abolition de l’esclavage (Desnel, 2006) et La Caraïbe aux premiers temps de la colonisation (CRDP-Antilles-Guyane). Il a collaboré à La France des années 68, Syllepse, 2008. édition : mars 2011 155 pages

    9,00 €
  • Renault : Frantz Fanon

    Si, depuis le début des années 2000, après des années d’occultation, la figure de Fanon fait retour dans les champs académique et militant francophones, c’est avant tout pour célébrer « l’homme d’action », le révolutionnaire, au détriment de « l’homme de pensée », du théoricien. Cette approche presque exclusivement biographique tend à faire de Fanon un dépassé et, par suite, un « dé-pensé ». Elle se révèle en outre étroitement liée à la défiance teintée de méconnaissance à l’égard de la diffusion des études postcoloniales dans les universités françaises. Il est vrai que, si les études postcoloniales et les études fanoniennes anglophones ont eu l’indéniable mérite de réhabiliter Fanon en tant qu’intellectuel et penseur de tout premier ordre, il est légitime de leur reprocher d’avoir également opéré une certaine décontextualisation tendant à gommer la singularité de l’intervention théorique et politique du psychiatre martiniquais. Si nous désirons aujourd’hui faire de Fanon notre contemporain, il est donc nécessaire d’aller au-delà du conflit des interprétations qui oppose les figures exclusives du « Fanon anticolonial » (historique) et du « Fanon postcolonial », au-delà de cet écartèlement entre un passé et un futur qui privent Fanon de tout présent. Il faut s’attacher à comprendre le moment fanonien en tant que moment transitionnel, il faut déceler dans ses écrits le commencement d’un certain postcolonialisme au sein de l’anticolonialisme, d’un postcolonialisme de guerre qui révèle, par contraste, les difficultés de la critique postcoloniale actuelle à théoriser la violence et à penser ensemble, dans la lignée de Fanon, guerre et décolonisation des savoirs. Tel est l’enjeu de ce portrait théorique en situation. 224 pages, parution octobre 2011

    14,00 €
  • Walvin : Histoire du sucre, histoire du monde

    Une lecture après laquelle on ne regarde plus son ti-punch avec les mêmes yeux, pour celles et ceux qui le savourent. L’auteur, historien britannique, retrace l’histoire du sucre, produit symbole mais aussi structurant des différentes mondialisations.
    Longtemps l’apanage des classes dominantes L’histoire plusieurs fois millénaire du sucre n’a pas commencé sous les tropiques du continent américain comme on pourrait le penser d’un point de vue eurocentré, un peu ignorant… Le sucre de canne était utilisé dans la cuisine indienne il y a plus de 2000 ans alors que le miel était l’aliment exprimant la référence au goût « sucré » dans toutes autres cultures, de l’Odyssée à la Bible en passant par le Coran. Puis le sucre s’est déplacé vers l’ouest via l’expansion des conquêtes arabes, vers l’est et la Russie via les Mongols : « Le sucre a donc été l’un des bénéfices oubliés de la conquête et de la puissance impériale, confisqué et adopté par les vainqueurs, puis transporté aux quatre coins du monde où il a modifié les goûts et créé un besoin. »
    Pendant des siècles, produit de luxe rare et donc cher (la canne étant cultivée parcimonieusement dans le Bassin méditerranéen et en Afrique), le sucre était l’apanage des classes dominantes qui se pâmaient devant des sculptures de sucre avant de les dévorer, ce qui leur assurait des bouches édentées particulièrement remarquables.
    Symbole de l’exploitation des ressources naturelles et humaines Mais c’est à partir du 17e siècle que les plantations coloniales des Caraïbes vont permettre la « démocratisation » de la consommation du sucre grâce à l’industrialisation de la culture de la canne et du raffinage de son jus sur la base du travail esclavagiste. L’exploitation de la canne à sucre importée sur le continent américain par les colons européens a été déterminante pour les peuples des différents continents : dévoreuse de main-d’œuvre, la canne à sucre a été un accélérateur de la déportation des AfricainEs et de leur mise en esclavage pendant plus de deux siècles. L’organisation des plantations a totalement transformé l’équilibre naturel des territoires soumis à cette culture : déforestation, pollution, transformation des paysages en sont les corolaires.
    Cette organisation de la production à la transformation du produit a permis l’accumulation primitive des bourgeoisies coloniales (en particulier française et anglaise), mais aussi marqué une étape dans le développement des techniques et de l’organisation industrielle du travail productif. Produit idéal d’un point de vue capitaliste, avec un minimum d’investissement pour un maximum de profits, le sucre est lié à l’exploitation du travail humain esclavagiste d’abord, puis sous la forme du travail forcé d’asiatiques contraints de migrer aux Caraïbes, en Asie du Sud-Est ou en Australie.
    À partir de la fin du 19e et durant tout le 20e siècle, le sucre sous ses diverses formes est devenu un des composants indispensables de la nourriture industrielle, et les trusts du sucre ont pesé de tout leur poids sur les politiques impérialistes des États. À tel point qu’au 19e siècle le sucre caché dans la nourriture est devenu un des fléaux et une des batailles majeures de santé publique dans tous les pays de la planète. Un vrai concentré d’histoire de la catastrophe économique, écologique et sociale provoquée par l’exploitation des ressources naturelles et humaines.
    Cathy Billard
    Hebdo L’Anticapitaliste - 557 (25/02/2021)

    édition La Découverte février 2021

    22,00 €